Fleurs d’hiver

Fleurs d’hiver
5 min 10 s

Jaillissement de source
Eclaboussure de soleil
Blessure d’hier,
rien ne vient au hasard,

ton passé-poings serrés,
mes jours de détresse
nous ont meurtris aux mêmes heures,
et déjà sans se connaître,
chacun de nous portait l’histoire de l’autre,
la même étoile dans le regard,

il a fallu tous ces détours,
ces gens qu’on a plus ou moins aimés,
pour se trouver,
il fallait cette poussière
des longues transhumances
pour parvenir à notre été,

maintenant, je n’ai plus peur du temps,
tu dis que c’est beau de vieillir,
tu dis qu’il ne faut pas se blesser
aux cailloux des chemins,
mais les ramasser pour construire,
tu me réconcilies avec l’univers,

et moi, je rêve de t’offrir
des mots qui te réchauffent à jamais,
des mots différents,
ceux que tu inventes pour nous,
ceux que je t’adresse les nuits
où tu n’es pas là,
quand je resserre les couvertures
sur mon coeur,

sans doute faut-il ces heures d’absence
ces faims inassouvies
quand le bonheur est là,
immédiat et brûlant,
les mots sont d’inutiles voyageurs,

peut-être est-ce lorsque tu es loin
que je te dis « je t’aime » le plus doucement,
puisant ma tendresse aux années solitaires,
entre nous,
souvent éloignés, jamais séparés,
il y a des mots de chair
pour faire vibrer les distances,
et cette lumière que tu me laisses
à chaque départ,

mais parfois sans toi,
le temps ne respire plus,
et je t’appelle dans ma nuit
pour apprendre à mordre dans l’absence
avec ton appetit de vivre,

jusqu’à ce qu’explosent
nos retrouvailles d’amants,
où le long de mon bas glissé
tu remontes à la source étoilée du désir,
quand le temps interminablement court
n’épuise pas l’amour,
sans cesse repousse les limites
de l’instant où le sang court plus vite,
laissant nos corps se raconter
le temps et l’espace écoulés,
l’infinie renaissance de nos chemins secrets,
jusqu’à cerner de tendre fièvre
l’ombre mauve de nos sommeils enlacés

Poème: Christiane Bélert
Musique: Patrick Pernet 

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