Eté-Causse

Eté-Causse
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Partir encore,
se dénouer d’ici,
y laisser mes racines vives,

Ailleurs, je me perds dans l’immensité des étoiles,

Incessante déchirure,
je ne peux pas vivre sans racines,
je ne peux pas grandire sans étoiles,

Où que je sois,
la sève de ce pays coule dans mes veines,

Ici, j’ai aimé les arbres avant les hommes,
parce qu’ils savent écouter, respirer,

J’aime le parfum sec des pierres et des oeillets,
les mousses d’argent où se griffent les mains,
le craquement des pignes sous mes pas,

J’aime cette caresse de vent et de soleil mêlés,
à travers les herbes,
comme une soie sur la peau nue,

Dans le silence bruissant,
l’espace d’un battement de coeur,
je suis cette fleur au parfum volé,

Faire l’amour avec l’été,

J’ai retrouvé l’insouciance à vivre de l’enfance,
une force neuve dans mes veines
que je ne connaissais pas,
l’approche d’une rencontre où tout peut arriver,

J’ai gagné contre la souffrance,
le coeur plus grand ouvert, attentif,

Je vous aime,
comme la paume ouverte d’un matin
où poser ma joue,

Il reste encore des jours de forteresse
où se blesseront nos rêves,

Mais au-dessus, le ciel du causse.

Poème: Christiane Bélert
Musique: Patrick Pernet

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